Ça a commencé comment la musique et notamment le saxophone ?
Je me suis mis au saxophone assez tard, vers l’âge de 18 ans. J’avais toujours été attiré par cet instrument depuis l’enfance. Adolescent, je pianotais sur le piano droit de ma grand-mère, au feeling, mais j’avais déjà deux passions : la musique et le théâtre. J’ai quitté le lycée à 16 ans, rêvant d’indépendance, de liberté et de voyages, influencé par la Beat Generation et mes lectures : Rimbaud, Kerouac, Cendrars, Henry Miller… Je me suis lancé dans la vie active. Mon premier emploi de manutentionnaire m’a permis d’acheter le saxophone dont je rêvais. En parallèle, je faisais partie d’une troupe de théâtre. À 17 ans, je n’ai pas eu le temps de m’y mettre sérieusement, car je suis parti en apprentissage chez les Compagnons du Devoir à Toulouse. Cela n’a duré que six mois. À l’époque, Jacques Higelin venait de sortir No Man’s Land, que j’écoutais le soir au casque dans la chambrée, sur un gros lecteur à cassettes. J’ai découvert Toulouse et son effervescence nocturne durant l’été 1978. Je m’étais lié d’amitié avec des charpentiers, et on sortait les vendredis et samedis soir. Le juke-box diffusait See Sex and Sun, Saturday Night Fever et Rock You en boucle ! J’ai adoré cette ville, tout comme Nougaro, qu’on entendait à la radio. (Quand je me suis retrouvé sur la scène du Métronum le 1ᵉʳ mars 2025, 45 ans plus tard, avec les Fils de Joie pour y enregistrer le live Back in Toulouse, mon saxophone a frissonné !) Après cette expérience toulousaine, je suis remonté dans ma banlieue et j’ai enchaîné les petits boulots avant de me consacrer pleinement à l’apprentissage de l’instrument. À l’époque, il fallait absolument trouver un métier, avoir un plan de carrière. Dès 15 ans, on subissait cette pression : si les études ne t’intéressaient pas, il fallait te débrouiller. Je m’y suis mis à fond pendant plusieurs années, tout en cumulant des emplois alimentaires : vendeur, magasinier, intérimaire… Mon objectif était de jouer un jour dans un groupe de rock.
Tu étais où ?
J’étais dans le 94, la « triste banlieue » comme l’écrivait Walter Prevost, entre Sucy, Bonneuil et Champigny. On traînait beaucoup entre potes, une bande en perfectos, bercée par les concerts d’Higelin, période « BBH », de Little Bob, des Téléphone à leurs débuts, de Bob Seger, de Patti Smith, et du Gibus, où on sortait souvent le week-end. Quand le mouvement punk a débarqué en France en 1976, j’avais 15 ans. Avant cela, la musique avait été un électrochoc très jeune : mon frère ramenait des 45 tours comme Red House d’Hendrix, It’s High Time We Went de Joe Cocker, puis Led Zeppelin, Léo Ferré… J’écoutais tout ça, ainsi que les Stones, les Floyd, Gainsbourg, les Doors, les Stooges, puis Higelin en 1975, qui m’a donné l’envie de monter sur scène. J’avais un pote, Hervé Halary (RIP), qui, dans sa cave, nous faisait découvrir Tom Waits, les groupes punks anglais et les artistes du moment. À 22 ans, j’ai commencé à gagner ma vie avec le saxophone, embauché dans un orchestre de bal. On jouait des tubes variétés avec un trompettiste militaire. Je jouais d’oreille, ne sachant pas lire correctement la musique : à 7 ans, le directeur du conservatoire municipal me tapait sur les doigts avec une règle en fer pour me « mater ». Résultat, j’ai bloqué sur le solfège pendant 15 ans, mais la rage est restée. Je me suis rattrapé plus tard. Au début des années 1980, on répétait au Parking 2000, et c’est là que j’ai fait mes premières armes.
Développe !
Beaucoup de petits groupes, d’expériences variées, de scènes… L’apprentissage classique d’un musicien qui enchaîne maquettes, groupes et projets. Pourtant, pendant cinq ans, j’ai écouté presque exclusivement du jazz et du funk. En septembre 1986, j’ai croisé un trompettiste, Jean Lou, qui m’a proposé de passer une audition pour Les Cyclope. Ils cherchaient une section de cuivres pour leur nouvel album et une première date au Rex-Club en décembre 1986. On a démarré les répétitions, mais il est parti après deux ou trois concerts. Lors d’un concert des Cyclope, il y avait un jeune trompettiste, François Millet (qui est malheureusement décédé en novembre 2023), dit « Fox », qui jouait en première partie avec son groupe, Double Zéro. Il nous a rejoints, formant ainsi la première section de cuivres des Cyclope. Une tournée de 15 dates a suivi en 1987. On a ouvert pour LSD au Rex-Club, et c’est là que j’ai rencontré Muzo, saxophoniste de La Souris Déglinguée, et croisé Tai-Luc dans sa tenue paramilitaire.
Tu as beaucoup joué avec eux ?
Pendant trois ans. En janvier 1988, on a entamé une tournée Rock en France avec Les Cyclope, en binôme avec Noir Désir. Il y avait aussi Les Porte-Mentaux, LSD, Le Cri de la Mouche, Les Avions… Ça marchait bien avec Les Cyclope en 1987-1989. Ils avaient la cote avec l’Alliance Française, et en juillet 1987, on est partis jouer à Chypre, puis au Pérou pour trois concerts à la Fêria de Lima. C’était de la folie : accueil en fanfare à l’aéroport, 25 000 entrées le premier soir, police militaire pour le service d’ordre, et diffusion en direct à la télévision nationale pendant trois soirs. J’avais recroisé Muzo dans le 15ᵉ arrondissement, car Jean-Pierre y vivait, et j’avais un pote bassiste qui habitait là aussi.
Il t’avait vu où ?
Comme je te l’ai dit, au Rex, lors de mon premier concert avec Les Cyclope. Il cherchait un deuxième saxophoniste pour son groupe. Puis, aux Francofolies de La Rochelle en 1987, où jouaient Les Cyclope, La Souris Déglinguée, Carte de Séjour et Les Visiteurs. Ce jour-là, on a décidé de bosser ensemble dès septembre 1987. J’ai commencé à répéter avec lui, puis avec le groupe au Quai de la Gare, où on partageait le local des Bérurier Noir. On a préparé toutes les parties de cuivres de Quartier Libre, enregistrées en 1988 aux studios Parissign à Pigalle. Fox s’est joint à nous sur l’album.
Tu avais quitté Les Cyclope ?
Non, je faisais les deux en parallèle. Puis j’ai rencontré Patrick Chevalot, ingénieur du son aux studios Ferber, où on avait enregistré le troisième album des Cyclope. Il m’a proposé, ainsi qu’à Fox, de jouer en section de cuivres sur le premier album solo de Jacno. On était en mars 1988.
Tu as joué avec des gens importants pendant ces années-là !
« Important » est relatif… En 1984, j’ai été embauché comme aide-tapissier sur le film Autour de minuit de Bertrand Tavernier, puis stagiaire-accessoiriste auprès de René Albouze, une légende du métier. Comme on était toujours présents sur le plateau, j’ai passé des mois à côtoyer Dexter Gordon, Wayne Shorter, Herbie Hancock… À 23 ans, en tant que jeune saxophoniste, c’était un rêve éveillé. Avec Jacno, on a fait son premier live à Issy-les-Moulineau car je prenais un chorus sur son single "Tes grands yeux bleus". À l’époque, il produisait l’album de Jacques Higelin, Tombé du ciel. On a aussi fait quelques émissions de télé, car il était souvent invité.
Tu as arrêté avec Les Cyclope.
Après trois ans, Fox est parti se lancer dans l’édition musicale. J’étais musicien additionnel, pas membre du groupe. Ils m’ont demandé de leur trouver un autre trompettiste. Je leur ai présenté Pierre, le tromboniste de la Mano Negra. On a fait quelques concerts ensemble, Diabolo, l’harmoniciste, leur a proposé la section de cuivres des frères Guillard. J’ai donc quitté le groupe pour me concentrer sur mes projets persos, car on m’avait proposé un contrat d’édition dans un label indépendant.
Ensuite, tu vas te concentrer sur La Souris Déglinguée ?
J’ai continué l’aventure pendant trois ans, à fond : répétitions hebdomadaires, concerts promotionnels à l’Élysée Montmartre, album live au Bataclan en 1989, le Midem en 1990, et beaucoup de festivals. Après la sortie et la promotion de Quartier Libre, on a commencé à préparer Banzaï. On a joué à l’Olympia en avril 1990, puis une mini-tournée. Au retour, j’ai décidé de faire une pause avant l’enregistrement de l’album au studio Montmartre.
Pourquoi ?
On quitte un groupe … par déception !
Et aujourd’hui, tu dirais quoi ?
Je constate qu’il y en a un qui garde une rancune tenace, car je ne suis jamais mentionné dans l’historique de LSD, alors que j’ai passé trois ans sur scène et en studio. Les albums, les clips et les photos en témoignent. Récemment, on m’a signalé une bio sur Facebook, Rock Over Beethoven, qui archive tous les musiciens ayant participé à l’histoire du groupe, et étrangement, « my name is nobody », même 36 ans plus tard ! Ce n’est pas grave, juste ridicule. En 2016, alors que j’avais démarré des études d’infirmier à la fac, j’ai croisé Isa, l’attachée de presse de Musidisc à l’époque. Elle m’a transmis le bonjour de Tai-Luc. Il m’a rappelé, et on s’est retrouvés 25 ans plus tard pour manger une soupe ! Pas rancunier, Luc m’a proposé de rejouer avec lui si l’occasion se présentait.
Il vient d’où, ce surnom, Coudâm ?
Ça vient d’un « dialecte vulgaire de Haute-Égypte », un langage de rue découvert par un voyageur grec nommé Anacharsis au milieu du 14ᵉ siècle. Ça signifie « avant ». Je l’ai découvert par hasard, car à la base, c’est en bossant sur nos compositions avec Gérard Cousin que m’est venu ce pseudo : Cou-Dam.
Qu’est-ce que tu as fait après tous ces projets ?
En 1991, j’avais signé en édition et enregistré cinq titres live avec Didier des Cyclope à la batterie et Fabrice Palligiano des Porte-Mentaux à la guitare. Ça sonnait bien, mais l’éditeur n’a pas suivi. Ensuite, ils ont voulu m’imposer un arrangeur pour faire du Daho. J’ai contacté Patrice Renson, l’arrangeur de Banzaï, qui travaillait avec Mathieu Chedid, alors âgé de 20 ans. La maison de disques voulait cinq maquettes. Il a fait les guitares, et Mathieu jouait déjà super bien. Finalement, l’éditeur n’a rien fait de plus. J’ai retrouvé ces cinq titres récemment sur une DAT, dans un carton ! J’ai aussi fait un EP quatre titres, toujours en collaboration avec Fabrice (Palligiano NDLR) à la guitare.
Un jour, tu as aussi reçu un appel de Thierry Hazard…
Il avait écouté les maquettes de Banzaï chez Sony Music, qui envisageait de signer LSD. Je ne le connaissais pas, mais on s’est donné rendez-vous. Il m’a fait écouter la maquette du Jerk au walkman dans un troquet place de Clichy, et m’a proposé de participer à son clip. Ensuite, il m’a offert de partir en tournée pour 100 dates en play-back sur les podiums Ricard. J’ai refusé : la variété n’était pas compatible avec mon engagement dans LSD. On est con, quand on est jeune !
Puis tu as fait d’autres choses…
Tout en continuant à jouer du saxophone et à composer, j’ai restauré de vieilles maisons, j’ai eu un enfant qui a aujourd’hui 18 ans, j’ai passé un diplôme d’aide-soignant à 49 ans, puis travaillé en psychiatrie pendant quatre ans. J’ai repris des études d’infirmier, mais des problèmes de santé m’ont obligé à interrompre.
C’était la fin du rock alternatif, les salles fermaient, le rap arrivait…
C’est un peu tout ça. C’était aussi le début d’Internet, qui offrait des moyens de s’auto-produire. Les majors n’ont pas suivi. Le rap a cartonné, et le rock s’est raréfié. En France, entre 1978 et 1995, il y avait une richesse incroyable de groupes, et je me suis inscrit dans cette dynamique. J’ai donc fait autre chose.
Pourquoi le saxophone ?
C’est le prolongement de la voix humaine. C’est un instrument qui exige une vraie technique, mais j’ai un rapport physique avec lui : il faut que je souffle ! La technique, ça se travaille, c’est une question de patience et d’envie de faire des prouesses. Je ne suis pas fan des pentatoniques, mais j’aime quand quelques notes bien senties te donnent la chair de poule, comme le faisait Miles Davis.
Durant toutes ces années où tu as fait autre chose, as-tu enregistré ?
J’ai joué en big band et dans d’autres formations. J’ai aussi travaillé pendant longtemps avec Gérard Cousin, le guitariste-chanteur des Cyclope. On a écrit ensemble un paquet de titres, dont l’album Fantômes affamés en 2004. Il composait les musiques, et je chantais mes textes.
Est-ce que, lorsque tu as arrêté, tu n’étais pas arrivé au bout de quelque chose ?
J’ai toujours pris les choses comme elles venaient. J’ai connu une période riche, puis tout a changé. Ensuite, je me suis mis à composer et j’ai passé dix ans à faire le tour des maisons de disques, qui s’en foutaient. J’ai surtout vécu bien d’autres choses en dehors de la musique !
Tu joues maintenant dans Les Fils de Joie. Comment s’est passée la rencontre ?
En décembre 2023, je suis allé aux obsèques de Tai-Luc à Paris. J’y ai recroisé Muzo, que je n’avais pas vu depuis 35 ans. En octobre 2024, il m’a envoyé un message pour me proposer un plan : Les Fils de Joie cherchaient un saxophoniste. Il avait commencé à travailler leurs titres, mais n’avait pas le temps, car il montait son propre groupe, Hydrotone. Il m’a donné le contact d’Olivier, le leader. On a tout de suite accroché. Il m’a proposé de venir chez lui pour répéter, et voilà. Quand on a commencé les lives, on a vu que Les Fils de Joie étaient un super groupe de scène. On s’entend bien, ce ne sont pas des débutants, et il y a un bon feeling entre nous.
Ça te fait quoi d’être dans un groupe depuis tout ce temps ?
Rien de plus que logique. Quand on a joué au Métronum à Toulouse en 2025, pour ma première date avec eux, je n’avais pas vraiment bossé les chorus. Je m’étais concentré sur les parties de saxophone écrites. Ça faisait un moment que je n’étais pas remonté sur scène et je me suis retrouvé tout de suite dans mon élément. Depuis, on joue et on bosse régulièrement. On prépare un nouvel album studio pour 2026.
Aujourd’hui, tu te sens complètement un Fils de Joie ?
Oui, j’ai été super bien accueilli. On l’a vu lors des concerts de cet été : le public était fervent. Il n’y a plus beaucoup de groupes de cette époque qui continuent. Je me sens bien dans ce groupe qui envoie du bois, avec un chanteur charismatique qui a gardé une voix impeccable.
Tu n’as pas l’impression de revivre une forme d’adolescence ?
Tout à fait.
On va entendre un de tes morceaux sur scène avec Les Fils de Joie ?
Olivier me l’a proposé, mais ce n’est pas d’actualité. Il a encore plein de compositions à proposer.
Quand on écoute tes titres, on pense musicalement à Mano Solo. Il y a un mélange de rock, jazz, blues et chanson française.
Merci, c’est un compliment. Mano faisait une musique inspirée et avait quelque chose à dire, ce qui est indispensable quand on écrit. Je fais ce qui me plaît, sans limites musicales ni plans de carrière. J’ai fait une belle rencontre avec Damien, un ingénieur du son qui, dans une autre vie, était le chanteur du groupe de reggae Makeda. C’est un multi-instrumentiste bourré d’idées, un perfectionniste passionné. On a réalisé l’album Retour en grâce, sorti en janvier 2025. Son studio, MKD Record, est en Gironde, à dix minutes de chez moi. Pendant l’enregistrement, j’ai composé mon nouvel album, Shamatha, sorti en janvier 2026. C’est complémentaire du premier : il y a du rock, du funk, de la soul, du ska, du reggae, des ballades… J’aime me balader un peu partout ! Adolescent, j’aimais Gainsbourg et les artistes qui innovaient dans plusieurs styles.
Pourtant, avec ton passé, on pouvait s’attendre à des choses plus classiques…
Mes influences et mes goûts sont illimités. Beaucoup s’attendent à ce que je fasse du punk-rock, ce qui me fait doucement sourire. Le rock durera toujours, mais le punk, à part l’énergie, n’était qu’un phénomène. Le rock et le jazz, eux, sont indétrônables.
Tu peux aussi rappeler, dans l’esprit, La Mano Negra, avec plein d’influences sans que ce soit lourd.
C’est un bon parallèle : je ne suis pas le premier à explorer les styles. J’aime me diversifier. Je n’aime pas qu’une seule musique, alors j’ai pris le parti de faire mon « tour du monde du son », tout en gardant quelques styles chers à mon cœur : le rock, la soul, le rhythm’n’blues, la bossa, le jazz manouche… et la chanson à texte !
Tu as fait des concerts ?
Il y a très longtemps, dans de petites salles, avec un guitariste formidable, Sylvestre Planchais, que j’ai perdu de vue depuis 30 ans. Sinon, je me prépare pour l’été 2026.
Quand tu regardes en arrière, qu’est-ce que tu penses ?
Que je suis toujours là, alors que beaucoup de potes ne le sont plus. J’ai été transplanté en urgence en mars 2022. Depuis bientôt quatre ans, je revis. J’ai retrouvé l’inspiration et l’envie, même si j’ai toujours eu de l’énergie, malgré la maladie, je vais avoir 65 ans en février 2026 et je suis toujours là ! Je vous propose d’écouter le titre qui ouvre mon nouvel album de 2026 : Retour en grâce – Post-scriptum.
Le mot de la fin !
Fais ce que tu as à faire en ton âme et conscience, donne la version unique de toi-même en réalisant quelque chose, sans rien attendre en retour. Aime encore et encore, et jouis de la vie à fond, jusqu’à ton dernier souffle, avant ta mise sur orbite !
Quel disque donnerais-tu à un enfant pour l’emmener vers la musique ?
Louis Armstrong. Tout y est, et c’est parfait pour les enfants. Sinon, je vais en décevoir certains, mais les Pink Floyd resteront toujours un groupe incontournable, visionnaire et intemporel.
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